Emploi
Publié le 13 Juin 2009
LE JEU DE MASSACRE CONTINUE
Alors que les destructions de postes atteignent des sommets, le gouvernement n’entend toujours pas changer de politique économique et sociale, comme le réclament les syndicats qui appellent ce samedi à une nouvelle journée nationale de manifestations; même si FO considère qu’une journée de grève franche de 24 heures serait plus efficace.
À la veille d’une nouvelle mobilisation des huit organisations syndicales (FO, CFDT, CFTC, CGC, CGT, FSU, Solidaires et UNSA) – elles organisent demain leur cinquième journée nationale d’actions pour réclamer une autre politique économique et sociale – toutes les enquêtes ont confirmé une dégradation continue de l’état de santé de l’économie française que les choix inflexibles du gouvernement n’ont fait qu’entretenir depuis l’entrée du pays en récession avec la crise. La fuite en avant est particulièrement sensible sur le marché de l’emploi.
Ainsi, avec près de deux fois plus d’emplois supprimés au premier trimestre 2009 que durant toute l’année 2008, jamais l’économie française n’en aura détruit autant. Selon les chiffres de l’INSEE publiés jeudi par le ministère de l’Emploi, les pertes nettes de postes salariés se sont élevées à 187.800 sur les trois premiers mois de l’année. Le nombre de salariés du «secteur concurrentiel (hors agriculture et emplois publics), qui avait baissé de 100.500 en 2008, a été dès lors ramené à 17,8 millions fin mars (-1% sur un trimestre, -1,8% sur un an), nous apprennent ces données définitives de l’institut national de la statistique. Lesquelles recoupent à peu près celles de Pôle Emploi, dont le champ statistique est différent (-175.100), diffusées mercredi. Une «baisse trimestrielle d’une ampleur jamais observée dans toute l’histoire économique de la France», avait commenté un responsable de Pôle emploi cité par l’AFP.
La baisse d’activité de l’intérim semble avoir eu un impact négatif déterminant sur l’évolution globale de l’emploi. Avec 80.800 postes de moins au premier trimestre (-15,6% sur un trimestre, -34,3% sur un an), le service des études du ministère de l’Emploi (DARES) y a vu là aussi une chute «d’une ampleur inédite pour le deuxième trimestre consécutif». Ce qui a fait dire jeudi au directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy que «les destructions d’emplois dans le reste de l’année, ce sera plutôt contre l’emploi stable dans les entreprises, et donc les plans sociaux».
Sachant que l’économie française vient de subir sa quatrième chute consécutive du PIB – le premier choc pétrolier (1973-1974) ne s’était soldé que par trois trimestres consécutifs de recul – et alors que chômage touche déjà plus de 3,5 millions de personnes (toutes catégories confondues, soit 9,1%), le pire reste à craindre. En tout cas, tant qu’un plan de relance digne de ce nom, ne sera pas lancé, comme le réclament notamment les syndicats et en particulier Force Ouvrière qui demande de monter d’un cran par une grève franche interprofessionnelle de 24 heures.
http://www.force-ouvriere.fr/
/image%2F0555850%2F20151024%2Fob_42e913_logofo-greve.jpg)