Justice sociale

Publié le 18 Mars 2009

LE BOUCLIER FISCAL OU L’EFFET BOUMERANG DE

LA MOBILISATION DU 19 MARS

La journée interprofessionnelle de grève et de manifestations organisée demain n’est sans doute pas pour rien dans le débat autour de la suppression de ce cadeau pour les riches qui agite la majorité UMP au pouvoir.

Le bouclier fiscal pour les riches s’est transformé… en boulet pour l’exécutif. Les critiques contre ce symbole de l’injustice sociale traversent désormais les rangs de la majorité au pouvoir. Pour la première fois depuis son adoption à l’unanimité en 2007, plusieurs députés UMP sont en effet montés au créneau mardi à l’Assemblée nationale pour demander sa suspension dans le cadre de l’examen du collectif budgétaire qui doit débuter aujourd’hui. D’aucuns y voient là un des premiers effets de la mobilisation interprofessionnelle du 19 mars sachant que la suppression du paquet fiscal na eu de cesse d’être vilipendé par tous les syndicats. Le président UMP de la commission des Affaires sociales, Pierre Méhaignerie, entend ainsi proposer un amendement afin de faire sauter le plafond de 50% dû au titre de l’impôt sur le revenu et dont ont surtout profité les ménages les plus aisées (voir notre article du 17 mars 2009). Ce qui a eu le don d'agacer le Chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy.

«Soit on décide maintenant une contribution exceptionnelle pour mieux partager les efforts dans cette période de crise. Soit on prend rendez-vous en octobre sur trois options», a expliqué M. Méhaignerie. La première option consisterait à mettre en place taxer tous les revenus supérieurs à 300.000 euros par an. La deuxième serait de faire du plafond à 50% «un plancher pour ceux qui, ayant de très hauts revenus, paient peu d'impôts». La dernière serait de sortir au moins la CSG du bouclier fiscal. Car, le député UMP est «convaincu que l'impôt sur le revenu est plus élevé aux Etats-Unis qu'il ne l'est en France» où «les rémunérations exceptionnellement élevées sont tout de même (…) fréquentes».

La polémique autour du bouclier fiscal a eu l’heur d’irriter au plus haut point le président, Nicolas Sarkozy. «Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts, moi (...) moi, j'ai été élu pour réconcilier la France avec l'entreprise et avec (sic)», a-t-il lancé en visitant mardi une usine d’Alstom d'Ornans (Doubs). «S'il y en a que ça démange d'augmenter les impôts, ils oublient qu'on est dans une compétition. Mon but, c'est de faire venir en France, faire investir en France des gens qui ont de l'argent dans nos usines et dans nos entreprises, ce n'est pas de les faire partir (re-sic)», a encore a ajouté le président.

M. Sarkozy «avait élu aussi pour augmenter le pouvoir d’achat (…). Il n’a pas été élu pour augmenter le chômage non plus!», a répliqué ce matin Jean-Claude Mailly (FO). Pour lui, la suppression du bouclier fiscal est une question de «justice sociale» à laquelle les pouvoirs publics doivent également répondre au moment où les salariés sont touchés de plein fouet par la crise à tous les niveaux (emploi, pouvoir d’achat, retraites…). La journée interprofessionnelle de grève et de manifestations organisée ce jeudi sera notamment l’occasion de le rappeler.

Avec plus 213 manifestations ou rassemblements prévus partout en France et des grèves qui s’annoncent très suivies dans la plupart les secteurs d’activités, les syndicats sont convaincus aujourd’hui que la mobilisation du 19 mars sera plus massive encore que celle du 29 janvier qui avait déjà vu défiler 2,5 millions de salariés, chômeurs et retraités. «La détermination des salariés est encore plus forte aujourd'hui parce que la situation sociale se dégrade de jours en jours», a estimé le leader de FO. Et d’ajouter, le gouvernement serait bien «irresponsable» de ne pas prendre la mesure du ras-le-bol généralisé.


http://www.force-ouvriere.fr/

Rédigé par theweb

Publié dans #JOUR APRÈS JOUR

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